Schwätz du IA?

Comment le Luxembourg construit sa niche dans l'IA

Uni.lu Season 1 Episode 2

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Le terme « start-up IA » peut aujourd’hui recouvrir n’importe quoi, et c’est précisément là le problème. Nous avons rencontré Philippe Linster, directeur de la House of Startups au Luxembourg, afin d’obtenir une vision réaliste de ce que l’IA générative change réellement pour les fondateurs qui développent des produits et pour les investisseurs qui décident où placer leurs paris. Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi certaines entreprises d’IA semblent immédiatement copiables tandis que d’autres paraissent inarrêtables, cette conversation vous fournira un cadre pratique. 

Nous abordons le changement post-ChatGPT : l’IA passe d’une infrastructure cachée à un outil accessible à tous, ce qui accélère la création de prototypes et dynamise le marché. Philippe explique comment il évalue si une start-up résout un véritable problème ou se contente d’ajouter une couche d’IA « sexy » à des modèles existants. Nous nous penchons sur les avantages concurrentiels qui comptent vraiment dans l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique : les données propriétaires, l’accès à des ensembles de données uniques, les capacités technologiques de pointe, et les équipes capables de construire ou d’adapter des modèles plutôt que de se contenter de les « habiller ». 

De là, nous abordons la réalité du capital-risque et de l'investissement providentiel. Nous analysons ce que recherchent les investisseurs au-delà des mots à la mode : un marché vaste, un problème clairement identifié, la preuve que la solution fonctionne, un plan de commercialisation et de déploiement, ainsi qu'une équipe de direction capable de mener à bien le projet. Nous explorons également les agents IA, le concept d'entreprise unipersonnelle, et les raisons pour lesquelles les postes juniors pourraient être les premiers touchés par la disruption. Enfin, nous prenons du recul pour examiner la stratégie d’innovation du Luxembourg dans les domaines de la technologie spatiale, de la biotechnologie, de la finance, de la cybersécurité et des secteurs émergents comme l’informatique quantique, ainsi que la tension en Europe entre la réglementation (comme le RGPD et la loi sur l’IA) et la nécessité de développer l’innovation.

Si vous souhaitez avoir une vision claire et concrète de l’écosystème des startups en IA et savoir où s’arrête le battage médiatique, abonnez-vous, partagez cet épisode avec un fondateur ou un investisseur, et laissez un commentaire avec votre plus grande question sur l’IA.

Bienvenue

Ivan Nourdin (Hôte)

Bonjour et bienvenue dans "Schwätz du IA", un podcast produit par l'Université du Luxembourg qui vous parle d'intelligence artificielle dans la Grande Région. Avant toute chose, permettez-moi de me présenter. Je suis votre hôte, Ivan Nourdin, et je partagerai l'animation de ce podcast avec mon collègue Christophe Ley. Nous sommes tous deux professeurs de mathématiques et cofondateurs de Group IA.

Christophe Ley (Hôte)

Alors, que vous soyez convaincus par l'IA ou encore méfiant. Que votre utilisation n'est plus de secret pour vous, ou que vous vous demandiez où on en est aujourd'hui au Luxembourg, vous êtes au bon endroit.

Ivan Nourdin (Hôte)

Comment intégrer l'IA à son entreprise? Quels sont les risques, les bénéfices? Comment transforme-t-on un prototype en produit? Quels sont les enjeux éthiques de son utilisation? Voici les grandes interrogations and questions que nous tenterons de répondre.

Christophe Ley (Hôte)

Dans chaque episode, nous irons à la rencontre de celles et ceux, qui, ici au Luxembourg, développent, utilise ou questionne l'intelligence artificielle au quotidien.

Ivan Nourdin (Hôte)

Deux mathématiciens qui parlent d'IA, ça vous fait peur ? Ne fuyez pas ! Ici, nous parlerons d'IA de manière concrète, à partir d'exemples, d'expériences, d'outils, pour vous aider à mieux la comprendre et surtout de prendre de meilleures décisions.

Christophe Ley (Hôte)

De la Recherche à l'Impact, nous vous emmènerons des Laboratoires jusqu'au Terrain. Maintenant, sans plus attendre, let's schwätz IA! Bonjour à toutes et à tous, je suis Christophe Ley du Podcast Schwätz du IA. Aujourd'hui, je suis très content de recevoir nom notre beau Studio de l'Université du Luxembourg, Philippe Linster. Alors Philippe, bienvenue et bonjour, c'est un vrai plaisir de t'avoir ici parmi nous.

Philippe Linster et le Startup House

Philippe Linster (Invité)

Salut Christophe, et un grand merci pour l'invitation. Il faut vraiment dire le studio il est beau.

Christophe Ley (Hôte)

Alors, donc, bien sûr, tu vas pouvoir, et aussi devoir, te présenter toi-même, mais avant cela, je vais moi-même t'introduire si tu es d'accord avec ça. Et ensuite, tu pourras bien sûr compléter ou me corriger s'il y a besoin. Donc aujourd'hui, tu diriges la House of Startups, ici au Luxembourg, à Luxembourg-Ville. C'est un grand campus d'innovation créé par la Chambre de Commerce pour soutenir les Start-up et connecter tout l'écosystème, les entrepreneurs, les investisseurs, les grandes entreprises, universités, institutions publiques. Le lieu rassemble donc plusieurs incubateurs et accélérateurs et puer accompagné jusqu'à 175 belgesismes Start-up. Ton rôle, si je le simplifier un peu, c'est donc un peu celui d'un chef d'orchestre de tout cet écosystème Start-up au Luxembourg. Tu vas passer énormément de projets, tu travailles avec les entrepreneurs, avec les investisseurs et tu essayes de faire grandir cet environnement d'innovation dans un pays qui reste petit, mais très connecté, le pays des petits chemins. Avant ça, tu travaillais déjà à la Chambre de Commerce sur l'accompagnement des investisseurs étrangers qui souhaitent s'installer au Luxembourg. Et puis il y a aussi deux détails dans ton CV que je trouve vraiment intéressant. Ben d'un côté, tu es Arbitre international de Handball, et de l'autre côté, et c'est comme ça que je t'ai connu, tu es Joueur d'échec de haut niveau, Membre de l'équipe nationale luxembourgeoise. Alors aujourd'hui, j'avais envie de discuter avec toi d'intelligence artificielle, vu le nom de notre podcast, mais pas du point de vue d'un chercheur ou d'un ingénieur, plutôt du point de vue de quelqu 'un qui voit les Start-up et les projets arriver sur le terrain. Donc, avant que je commence à te poser les questions sur l'IA, je vais te demander Philippe, en tes propres mots, qui es-tu?.

Philippe Linster (Invité)

Je pense, tu as très, très bien résumé ce que je fais et où je travaille et mes loisirs, mais c'est vrai, j'ai deux grands loisirs, c'est le handball et les échecs. Pour compléter sur mon job, je dois vraiment insister sur le fait de, vraiment les entreprises, elles sont chez nous, les entrepreneurs, les équipes, on les voit grandir, on les voit sortir avec du succès parce qu'ils deviennent trop grandes. On voit aussi des échecs, je pense que c'est aussi normal d'une house aux startups parce qu'il y a dans des projets avec beaucoup de technologies de risques, il y a aussi notamment des échecs, mais on travaille vraiment à côté de eux et ça donne une vraie inspiration, motivation à ce job, parce que je pense que la plupart, ils sont dans leur entreprise, dans leur environnement un peu standard et chez nous, il n'y a pas de standard, il y a toujours, chaque mois on a des nouvelles startups parce que d'autres sont sortis, des nouvelles sont rentrées et ils sont vraiment dans des bureaux à côté de nous, on prend le café avec eux, on déjeunne avec eux, bien sûr on a beaucoup de programme lorsqu'on a des opportunités de parler avec les différents entrepreneurs, mais aussi avec les salariés, ça c'est tellement, c'est extrêmement excitant, on apprend beaucoup tous les jours, je me considère d'avoir beaucoup de chance d'être dans, de pouvoir travailler déjà pendant plus que six ans dans un tel projet.

Christophe Ley (Hôte)

En tout cas, c'est un lieu passionnant aussi, j'y ai été plus d'une fois, et rien qu'à d'y être, ça donne envie d'y travailler, ça donne envie d'y passer du temps avec toutes ces couleurs, c'est très moderne. Vraiment, c'est quelque chose d'impressionnant. On dit toujours work hard play hard, parce qu'il y a beaucoup de travail.

Philippe Linster (Invité)

Après, il faut aussi un peu s'amuser, aussi le soir. Les différentes startups, ça, c'est aussi très beau, ils viennent ensemble et ils boivent un coup. C'est pas juste d'une entreprise, mais parce que il y a des amitiés qui se crééen, des liens professionnels bien sûr aussi, parfois même des couples. Et ça, ça fait partie dans tel bâtiment.

Christophe Ley (Hôte)

Cela expose aussi de façon claire et nette à l'IA. Une question que je pose d'habitude, qu'on pose d'habitude à nos invités de ce podcast, c'est de nous donner leur définition de l'IA. Donc, je vais te demander pour toi, c'est quoi l'intelligence artificielle?

Philippe Linster (Invité)

Alors déjà,

Définir l'IA: le regard d'un non ingénieur

Philippe Linster (Invité)

je pense que tu l'as dit au début, un petit disclaimer, que je suis, je n'ai pas ce background technique, je suis un économiste financier comme background. Même avant, tu as cité un peu mon expérience, je travaillais avant dans une banque. Et j'ai toujours travaillé dans la finance, dans l'économie, dans tout ce qui liait aux entreprises. Moi, je ne pourrais jamais donner une définition vraiment très chercheuse, très scientifique. Mais pour moi, l'intelligence artificielle, ce sont des modèles de simulation qui donnent une proposition basée sur une énorme masse de données qu'un humain ne pourrait jamais interpréter, déjà lire, mais aussi l'interpréter et te donner selon lui et selon son algorithme sa meilleure réponse. Suite à la question que tu l'as posée, bien sûr, il faut beaucoup donner, il faut l'entraîner, il faut des algorithmes et tu peux l'entraîner selon différents besoins et secteurs. J'espère que ne t’es pas déçu, mais ça c'est un peu mon interprétation de l'intelligence artificielle.

Ivan Nourdin (Hôte)

Absolument pas déçu, non, non, c'est une très bonne interprétation. Évidemment, comme je l'ai déjà dit avant, tu es en contact avec l'IA via les startups. Et donc, ma première question dans ce sens-là, quand tu regardes un peu l'écosystème des startups de nos jours, en quoi est-ce que cet écosystème a changé de depuis l'arrivée de l'IA générative avec ChatGPT, Claude et autres ?

Christophe Ley (Hôte)

Oui, alors déjà, ce qui est important à dire, ce n’est pas tous nos projets dans la maison fonctionnent avec de l'IA. Parce qu'on dit toujours, on a trois critères pour entrer dans la house of startups, et dans la majorité aussi des autres incubateurs. Déjà, c'est l'âge d'entreprise. On a mis le seuil à cinq ans. On ne va jamais prendre une startup entre guillemets, en plus ce n'est pas une startup qui a déjà 30 ans d'existence à cause en entreprise. Et il faut un certain niveau d'innovation. Mais l'innovation, c'est très large. Et c'est aussi très subjectif,

L'effet ChatGPT: ce qui a changé pour les startups

Philippe Linster (Invité)

parce qu'on a des entreprises qui font des softwares pour digitaliser un secteur. Mais on a si, bien sûr, du D-Tech dans la science. Avec l'IA. Et le troisième critère, c'est la scalability. Un jour que t'as trouvé ta base des clients et ça fonctionne, tu pourrais de manière très simplifiée le copier-coller dans plein d'autres Secteurs etpays. Ça, c'est déjà, ça, ce sont des critères pour rentrer. Ech pense que l'arrivée de l'IA, on dit toujours, c'était quand d'ChatGPT était lancée. En fait, là, je pense que l'IA déjà existait avant. On a Amazon, on a le GPS, on a Google. Et c'est à dire, tout cela fonctionnait avec l'IA aussi. Et, je pense qu'avant, on ne l’appelait pas IA, mais machine learning. C'est déjà très présent. Just, les gens profitaient déjà, d'une certaine manière. Déjà, les GPS le faisaient. Amazon, on te recommandé des beaux produits à acheter, basé sur ce que t'as déjà fait. Mais là, l'IA devenait utilisable et surtout, je pense, compréhensible pour l'être humain normal, entre guillemets, parce qu'on voyait l'outil qu'on pouvait utiliser nous-même. D'Lettre, là aussi dans l'écosystème des startups, il y a beaucoup de buzzwords. Il y a Crypto, il y a Webfri, il y a Tokenisation, il y a Space Sustainability. Tout à une tendance. Moi, je veux dire, avant que l'IA soit venue sur la table, et ce n’est pas une blague, même des startups nous le disent, ils disent, ouais, avant j'étais une entreprise dans la sustainability. Et le VC, en fait, l'investisseur privé, il jetait de l'argent sur toi. Après, il fallait dire, ah, je fais du Space. Ah, cool, on jette de l'argent sur toi. Aujourd'hui, tu as l'impression que, aussi, depuis le lancement de ChatGPT, les gens doivent dire, j'utilise de l'IA. Et l'investisseur jette l'argent sur toi. Mais je dois dire que, oui, depuis ce moment-là, les gens parlent plus de l'IA et t'as l'impression qu'ils ont une certaine pression de dire, on utilise l'IA. Mais c'est aussi un peu notre job, après, on n'est pas les clients en tant que tels, mais c'est notre job aussi de savoir, est-ce que c'est vraiment de l’IA ? Est-ce qu'ils entraînent leur propre module avec leurs données et ils ont une réelle solution à proposer à l'aide d'IA ? Ou est-ce qu'ils utilisent un layout sur, ils utilisent Claude, Mistral, ChatGPT, en fait, tous ces modèles. Ils mettent juste un layout dessus et après ils vendent ça comme une application en étude très sexy.

Christophe Ley (Hôte)

Oui, je vois. Donc, en effet, il y a beaucoup plus de startups qui disent utiliser l'IA, mais voilà, il y en a qui le font vraiment et il y en a qui le font juste pour faire genre parce que ça sonne mieux. Est-ce que tu dirais que c'est une véritable révolution ou plutôt aussi un hype ?

Philippe Linster (Invité)

Les deux, c'est clair. Pour les startups qui disent j'utilise l'IA, mais quand tu rentres un peu dans le fond, et ce n’est pas forcément moi, mais j'ai des personnes dans mon réseau qui nous aident aussi à évoluer et à coacher et accompagner les startups, ben je leur demande aussi est-ce que tu penses qu'est-ce qu'il y a derrière ?  ? Et bien sûr, ces personnes sachent poser les bonnes questions, ils disent honnêtement, ils mettent un layer dessus. Alors là on est vraiment dans le Tiroir hype. Mais quand, on a aussi des belles startups, on a quelques-unes dans le Space qui vraiment utilise une énorme masse de données qui sont de la NASA, de la European Space Agency, de la ESA et qui produise des résultats et des propositions et des analyses pour des communes, pour des cities, pour des entreprises. Là on est vraiment dans le lien. On a aussi maintenant une entreprise dans la biotech, dans le développement de médicaments. Ben, ils travaillent vraiment avec, ils sont en train d'entraîner et développer leur propre outil. Et par exemple, ils ont le CEO, et c'est connu, c'est pour ça que je peux le dire, ils ont le CEO de Hugging Face dans leur Base d'investisseurs, quand même Hugging Face, une des plus grandes entreprises européennes dans le lien. C'est déjà leur CEO investit là-dedans. Tu as déjà un certain confort qui a vraiment de l'IA. C'est un hype chez certains, mais c'est une réelle révolution chez d'autres. Et je pense, l'IA va rester. Et avait beaucoup de Trends qui étaient venus. Ou aujourd'hui, tu n'entends pas le plus beaucoup. Ça ne veut pas dire que tout ce qu'on voit aujourd'hui, va rester. Parce qu'à un moment donné, le marché va se calmer. L’argent ne va pas être tellement qu'aujourd'hui. Et le marché va surtout notamment se consolider. Mais je ne pense pas que l'IA va disparaître. Parce que ça, ça peut aider chacun. Ça nous aide pour rédiger des beaux mails et des beaux textes. Mais ça aide aussi dans la santé, dans le crypto, dans la simple sécurité. C'est aussi un danger hein. Dans la simple sécurité, faut aussi le dire. L'IA est venue pour rester.

Repérer le hype: les signaux d'une vraie deep tech

Philippe Linster (Invité)

Et restons justement sur ce, sur ce point-là. L'IA qui est là et qui est venu pour rester. Parce que je pense que pour beaucoup de gens, ce n'est pas clair ce que ça veut vraiment dire quand une entreprise dit en fait de l'IA. Voilà. Donc si on t'approche une startup qui dit voilà un projet et tu vois ils prétendent ou ils disent qu'ils font de l'IA. Qu'est -ce qui, toi, te fait dire OK ça c'est sérieux ou OK non, là je préfère m’abstenir ? Pour nous, le plus important pour les salabes quand on a un cube, c'est quel problème essaye-t -il de résoudre. Parce que le critère un, ce n’est pas j'utilise des liens. Parce qu'on en a aussi plein. Je ne veux aussi pas dire que toutes les salabes disent j'ai de l'IA et ce n’est pas vrai. Parce qu'on en a aussi plein de salabes qui viennent, je n’ai pas d'IA et j'essaye de résoudre un problème. Ça c'est condition numéro un. Dans tous les cas, quel est le problème et quelle est ta solution ? Maintenant si la personne dit j'utilise de l'IA et ce n’est pas vraiment de l'IA, mais il a vraiment un game changer quand même comme solution parce qu'il a vraiment quelque chose à proposer qui aide ce secteur et a vraiment un peu une Point. Alors, on est quand même prêts à le soutenir. Après, bien sûr, si encore c'est vrai, avec tout ce qu'il prétend avec l'IA, d'autant mieux. Mais après, je vais voir avec mes experts. Qu'est-ce qui change si ce sont des vrais liens ou pas vrais liens et peut-être un peu plus la hype? Je pense que si c'est de la vraie utilisation de l'IA, la barrière pour rentrer, elle est beaucoup plus haute dans le sens c'est beaucoup plus dur à copier-coller. Si maintenant, s’il utilise une des LLMS connues, il met juste un layer dessus, je pense que c'est très facile à copier-coller. Et alors la barrière à rentrer, elle est très faible. Alors, là on dit, la valeur éjetée, alors peut-être elle est moins importante. Et il y a moins d'innovation aussi derrière. Ça n'évite pas que peut-être quand même on veut le soutenir et l'aider. Par contre, aussi celles qu'on voit, les startups qu'on voit qui sont, qui utilisent vraiment l'IA, qui ont vraiment des scientifiques data scientistes dans leur équipe, qui développent leur propre modèle. Ça, bien sûr, on estime. Le moment, ils vont réussir. Ça peut devenir une révolution, une très belle entreprise qui va grandir, employer des personnes, recevoir beaucoup d'argent et avoir beaucoup de clients. Et bien sûr, ça, ce sont encore des startups qu'on aimerait voir davantage.

Christophe Ley (Hôte)

À ton niveau, pour moi c'est clair, tu la viens d'expliquer, au niveau des investisseurs. Comment ça se passe pour eux, s'il y a une startup qui les approche et que c'est une startup qui qui a de l’IA ? Est-ce que ça fait une différence pour l'investisseur, qu'il y a une IA, que l'IA est promue comme étant une des choses que fait cette startup ou non ? Et comment est-ce que les investisseurs réagissent à cette nouvelle mode de l'IA qui accompagne les startups ?

Philippe Linster (Invité)

Pour les investisseurs, il est très important de voir déjà, est-ce que ça peut devenir une très grande entreprise ? Qu'est -ce que l'investisseur recherche en fait, surtout l'investisseur dans l'innovation, en ce soit Le Business Angel, c'est l'investisseur privé, la personne elle-même qui fait de l'investissement entre 0 et 1 million partir d'1 million on pense plutôt au VC, au Venture Capital.

Ce qu'observent réellement les investisseurs

Philippe Linster (Invité)

Ce sont des investisseurs structurés dans un fonds et normalement, en principe, plus professionnels, mais qui investissent dans une certaine maturité déjà. Après même là, il y a encore des maturités entre Sid, Pre-Sid, ABC. On ne va pas rentrer dans tous ces, en détail ici. Mais in fine, il cherche une chose, multiplié son argent. Sur dix entreprises, il va investir, parce que c'est quand même un investissement à un risque très, très élevé. Il sait, cinq à sept entreprises vont faire faillite sur argent perdu. Une à deux entreprises vont faire break-even. Peut-être un légère plus. Et il espère trouver les unes à deux licornes. Là, ils vont me faire rentrer un fois dix, voire plus. Et ils vont compenser déjà pour tout l'argent perdu. Et en top, mettre plus d'argent. Il est très important pour eux, parce qu'ils ont de l'argent limité. Ce n’est pas de l'argent indéfini. Et ils sont en concurrence avec d'autres investisseurs. Il cherche cette Pépite, cette inconnue, de dire, alors déjà, quel est le problème ? Et est-ce que c'est ton problème ? Ou est-ce que c'est un problème qui touche beaucoup de personnes ? Et là, on parle du atteignable market. Est-ce qu'il y a une clientèle de 500 personnes ? Ou est-ce qu'il y a une clientèle qui peut résoudre le problème pour 500 millions, 1 milliards, voire plus? Et ça, c'est déjà très, très important. Quel problème ? Et quel est le marché derrière ? Ça, c'est, je pense, un des éléments extrêmement importants. Après, la solution. Est-ce que ta leçon, est-ce que toi, tu penses répondre à ce problème ? Ou est-ce que tu réponds vraiment à ce problème ? Quelle est ta vision pour ce produit aujourd'hui et demain ? Et comment tu estimes la déployer ? Ça aussi, c'est très important. Comment tu veux attaquer ce problème ? Et après aussi, l'innovation derrière. Ce que j'ai déjà un peu dit avant, est-ce que tu as vraiment une nouvelle solution ? Ça, c'est déjà très important, que les gens vont dire, OK, je vais l'utiliser parce que ça n'existait pas encore avant. Et pour l'investisseur, c'est aussi important, est-ce que tu ne peux pas tout simplement le copier-coller ? Ou est-ce qu'un, un des grands cinq, les gars-femmes, ne peuvent pas tout simplement aussi mettre des millions et le développer eux-mêmes ? Avoir vraiment une équipe qui sait le développer, un leadership team, déjà des fondateurs avec une vision, un leadership team où tu penses qu'ils savent le réaliser, parce que tu peux avoir une belle idée, mais si tu n'as pas l'équipe derrière pour la réaliser, c'est d'autre chose. Et est-ce que tu peux devenir une très grande entreprise responsable pour l'investisseur et important ? Alors, et pour finir sur cette note, l'IA, de nouveau c'est un, pour eux c'est de nouveau c'est important de voir où s'arrête le hype. Oui, c'est vraiment quelque chose de, parce que l'investissement est toujours du hype. Parce qu'on parle quand même journalièrement avec des investisseurs qui sont dans notre maison ou avec lesquels on téléphone, on est en contact. Le trend aujourd'hui, ça reste l'IA, mais le deuxième trend aujourd'hui, c'est la défense. Et je dis, pour l'investisseur, c'est la même Logique. Comment trouver vraiment dans ces petites startups qui submerge dans tous les coins, dans tous les pays, de trouver vraiment la licorne de main et pas suivre le hype? Parce que surtout quand il y a le hype, notamment maintenant il y a le hype dans l'IA et la défense, les prix sont exorbitants. Parce que les investisseurs, ils jettent l'argent. Et ils doivent trouver déjà une startup à un prix acceptable, avec une belle solution et surtout une innovation qui, où ils pensent de pouvoir, mais parfois les critères, c'est le marché, c'est l'innovation, mais c'est aussi l'équipe derrière. Est-ce qu’eux, est-ce que moi je pense qu'ils vont réussir, oui ou non ?

Christophe Ley (Hôte)

D'accord. Bon justement sur ce point-là, sur l'équipe qui est derrière, j'avais récemment vu une vidéo sur YouTube, où quelqu'un disait, ben, j'ai utilisé tel ou tel IA pour me construire une compagnie. Bon, c'est un one man show, sa compagnie, c'est que lui. Et il utilise différentes IA. Une, il l'a appelé, bon, ça c'est Chief Financial Officer, Chief Technical Officer. Donc, il a vraiment fait, donné des rôles différents. Et puis il a eu une IA, un agent qui mène le tout. Et lui, il donne, enfin, il parle à l'IA et il lui donne, il lui dit ce qu'il, ce qu'il veut qu'il fasse. Et alors avec ça, ils ont, par exemple, ils ont, ils ont fait une App et donc ils ont fait sa boîte, d'une certaine manière. Une telle approche, donc quelqu'un qui vient avec une telle pseudo équipe, disons une équipe purement IA, ou il y a que lui qui existe réellement. Comment tu vois une telle, une telle proposition ?

Philippe Linster (Invité)

Mais c'est un phénomène qui, qui est réel. Même j'ai, j'avais vu récemment un interview de Sam Altman, le CEO de, de Open Eli, qui a aussi dit, ce n'est qu'une question de temps, juste quand on verra la première one man unicorn. C'est d'ailleurs, comme tu dis, il y a un fondateur qui a une idée, mais il se crée en fait en équipe avec d'agents qui deviennent de plus en plus performants. Et comme tu dis, ils sont CEO, CEO, des personnes qui sont tous des agents, mais tu vas vraiment créer et développer une entreprise, une grande entreprise, mais un seul humain, plusieurs collaborateurs, mais un seul humain. Disons comme ça, aujourd'hui, les startups que nous on voit au Luxembourg, dans notre maison, oui, ils ont des agents, mais ils ne sont pas encore dans, ils ne vont pas dire qu’on ne va pas employer aucune personne à côté. C'est à dire ça, on n'a pas encore vu, mais ça aide les fondateurs, les différentes équipes, le coding, ça a changé. Prenons l'exemple il y a quelques années, il y a beaucoup de mimes aussi dans les réseaux sociaux, quand tu étais développeur ou codeur, tout le monde te cherchait pendant Covid. Ils pouvaient demander des salaires à l'infini. Aujourd'hui, les codeurs, les junior codeurs, tu peux les, c'est dur pour créer de trouver un job. Mais tous ces jobs-là aussi, les junior lawyers, the junior coders, the junior accountables, et ils ont du mal, même l'ADEM, notre agence nationale d'emploi, a récemment dû, ce sont les jobs qui ont le plus de risques aujourd'hui, surtout au niveau junior, parce que les seniors utilisent aujourd'hui de l'IA. Et bien sûr, l'IA est moins chère. Ne demande pas de congé. Travail est 24 sur 7. Et au Luxembourg, ne demande pas un index. Ou ne reçoit pas un index. C'est à dire, l'avantage quand même est énorme. Bien sûr, tout senior àun moment donné est du junior. C'est à un moment donné aussi, il ne faut pas oublier cela, que pour avoir des seniors de demain, il faut des juniors aujourd'hui aussi. Mais c'est, c'est une très belle opportunité pour toutes les entreprises et tous les fondateurs et les porteurs de projets. Mais c'est aussi une menace pour l'emploi derrière, pour tous les pays, dans le sens que certains jobs peuvent disparaître. Bon, c'est toujours comme ça. Chaque révolution a eu des conditions positives ou négatives. Mais quand même, pour, je veux dire pour une ADEM ou pour un gouvernement, c'est clair que le chauffeur de bus, et encore le chauffeur de bus, il n'est pas menacé par l'IA. Quand même, le chauffeur de bus, demain, il n'est pas le data scientist, après demain. Ça, il faut, il faut aussi être honnête que cette révolution, il faut toujours faire attention ou déployer les agenceurs.C'est à la fois une opportunité, mais c'est à la fois aussi une menace politique, surtout pour un pays comme le Luxembourg, parce qu'on a beaucoup de jobs dans le back office, surtout dans le secteur financier. Là, énormément de jobs vont être digitalisés, automatisés, grâce à l'IA, et peut-être pas réembauchés, out-sourced out of Luxembourg, sur on perdra potentiellement beaucoup de business au Luxembourg. Et c'est quand même la base de notre richesse, de notre système social. Et ça, là, je vois aussi une menace pour tous les pays, mais notamment le Luxembourg.

Christophe Ley (Hôte)

Justement, là, tu apportes un point intéressant. Quand on parle de toute cette technologie de l'IA, on pense aux grands pays comme les Etats-Unis, la Chine, etc. La place du Luxembourg là-dedans n'est pas évident. Et tu viens de le mentionner. Comment est-ce que tu vois que le Luxembourg, en tant que tout petit pays, peut exister dans une telle révolution technologique ?

La niche du Luxembourg dans l'écosystème mondial

Philippe Linster (Invité)

Je pense que notre force était toujours de trouver notre niche. Tout au début, on était un pays pauvre d'agriculteurs. On a découvert l'acier ou les ressources qu'on a. Et on avait toujours des politiciens intelligents, qui ont dit, ok, là il y a l'acier. Construisons tout un écosystème autour de l'acier. Avec l’ARBED et tout cela. Ben, toutes ces ressources naturelles, bien sûr, ne sont pas indéfinis. Surtout pas dans un petit pays. C'est quoi la prochaine étape? Bon, il y a 30, 40 ans, il avait, on était, de nouveau, ça c'est l'avantage d'un petit pays, on est agile et on peut être proactif sur un pays comme l'Allemagne, qui est un super grand pays avec beaucoup de moyens, mais aussi avec le fédéralisme, a aussi beaucoup de mal à aller vers une certaine direction. Ech pense que c'est un avantage d'un petit pays. Alors aussi, de nouveau, on a, on a trouvé un peu des directives dans le secteur financier, qu'on a tout de suite mis en place, beaucoup plus villes que les autres. Il y a un écosystème qui s'est construit autour. Aujourd'hui c'est notre base quand même 25 à 30 % dans notre GDP. Et devient des secteurs financiers, c'est un avantage, mais aussi une grande menace, parce que si un jour on a un problème. Et de nouveau là, Etienne Schneider, il lancait ce fameux Space Resources Programme sur d'attirer plus le secteur du spatial au Luxembourg. Et ça, je dois dire dans la maison, si je dois nommer aujourd'hui un secteur dans notre maison qui explose le plus, c'est le spatial. On a énormément de boîtes spatiales dans notre maison. Et c'est aussi eux qui, des personnes, pas de lien, mais des vraies personnes qui s'embauché chez nous, parce qu’ils viennent chez nous toquer à la porte chaque semaine. On a encore besoin d'un bureau en plus, d'un bureau en plus, parce que, ça c'est notre avantage, on voit un peu les trends, parce que les secteurs qui vont bien emploient des personnes. Et nous envoie ces emplois, parce qu'ils nous demandent e bureau. On voit aussi les secteurs qui disparaissent un peu, parce qu'ils doivent nous dire, on a plus d'argent, on a plus besoin de ce bureau. Après, et c'est à nous de jouer un peu aux titres, toi, tu nous donnes un bureau, on te donne la main. Mais le spatial, et ça a pris de l'emploi. Mais c'est un investissement aussi à longue terme de l'État. On avait SES à l'époque. Aujourd'hui, bien sûr, on est très content de l'SES, entreprise mondiale dans les satellites et dans l'espace. Et ça produit beaucoup de Dividende à l'État. Et là, de nouveau, on a cet investissement. Je pense que le Luxembourg doit investir dans la recherche et développement. Ech pense, toi, tu dis beaucoup plus qu'à la recherche que moi. Mais je pense que c'est un pays en un workforce hautement qualifié, en un pays stable économiquement et politiquement stable. Les gens veulent investir dans le Luxembourg. Le Luxembourg doit faire des Co-investissements avec des entreprises, locales, mais aussi multinationales. Et ça attire de l'économie ici. Le Gouvernement a récent publié sa stratégie en IA, mais aussi en Quantum. Et je pense que c'est autour. Et l'avantage avec l'IA, elle est transversale. Elle peut à la fois servir le spatial, la santé, l'automotive, l'autonomous driving et plein d'autres secteurs. D'attirer des talents à l'université, dans la recherche, dans les entreprises au Luxembourg, ça va nous aider à construire cet écosystème. Et je pense que les secteurs aujourd'hui sur lesquels on se concentre, aussi la cybersécurité, mais aussi la finance, qu'on doit garder et continuer à développer. Ça, c'est un peu. Ça, c'est la force du Luxembourg. Et la politique doit vraiment avoir la volonté de prendre de risque, d'investir et de trouver les niches de main, comme on l'a toujours fait.

Christophe Ley (Hôte)

Oui, je suis d'accord. C'est que si on regarde un peu l'évolution de Luxembourg en parlant de l'acier, puis en allant vers les finances, et puis en allant vers le savoir, comme nous l'ont appelé, et maintenant l'espace. Et la technologie, oui, je pense que c'est, le Luxembourg a toujours bien joué, bien tiré son épingle du jeu. Et on espère que ça va continuer de cette manière-là.

Philippe Linster (Invité)

Et surtout, on n'est pas un pays comme l'Allemagne, ni les Etats-Unis, ni la Chine. On ne peut pas mettre mille usines au Luxembourg. On n’a tout simplement pas la place. On n’a même pas la working force, parce que c'est aussi trop cher pour faire cela au Luxembourg. Si avec les salaires minimums qu'on a au Luxembourg, avoir des usines, il n'y a pas beaucoup de, on est un pays de service, il faut le dire, on n'est pas un pays de production, même si on est encore très content, très fier de l'industrie qu'on a. Et moi, personnellement, je pense qu'il faut encore, il faut vraiment la développer, la soutenir, mais pas n'importe quelle industrie. Vraiment des, les Goodyear, les ArcelorMittal, les Paul Würt et tout ça, ça, il faut vraiment attirer davantage et développer, mais surtout dans la recherche et développement et dans le savoir. D'accord. Donc, on a parlé beaucoup de Luxembourg. Maintenant, passons un peu outre nos frontières, sur l'Europe. Comment est-ce que tu vois le positionnement de l'Europe au niveau de l'IA à une échelle mondiale ? Parce qu'on a beaucoup critiqué différentes choses comme GDPR, AI Acte et tout ça. Comment est-ce que tu vois le positionnement de l’Europe ? C'est très compliqué. Beaucoup de gens disent, en fait, l'Europe n'a pas beaucoup à dire dans cet Écosystème. Soit c'est les Etats-Unis ou c'est la Chine. Et un pays qui, à mon avis aussi, qui est déjà là, qui viendra encore plus, c'est l'Inde. Parce qu'il y a beaucoup d'investissements et beaucoup de talents à l'Inde. Beaucoup de personnes pensent encore à l'Inde, un peu comme la Chine. Mais c'est plus vrai. Aujourd'hui, avant, on dit toujours, les Etats-Unis sont là pour innover. L'Europe est là pour régulariser. Et la Chine est là pour copier. Mais ça, c'est plus réveillant. Alors, les deux premiers sont encore vrais. Mais la Chine aussi, elle innove beaucoup. Et leur image de copier, bien sûr, ils avaient cette image. Ils ont potentiellement encore. Mais il y a beaucoup d'innovations qui se passent là-bas. Il faut aussi dire que les grands modèles LLM, bah la plus grande partie viennent des Etats-Unis. Il y a aussi des outils comme DeepSeek qui viennent de la Chine. Heureusement, on a encore un modèle comme Mistral en France, avec Arthur Mensch, qui travaille aussi maintenant avec le Gouvernement luxembourgeois. Mais il y a aussi l'entreprise allemande Alpha, qui a maintenant fusionné avec l'entreprise canadienne, parce que aussi de Pascal avait du mal. Un entrepreneur m'a une fois dit, et en fait de la raison, quand on parle d'IA, qui vois-tu sur des photos aux Etats-Unis ? Tu vois les entrepreneurs, tu vois les boss de Microsoft, de Apple, de Google et encore de OpenAI, de Antropic, tu les vois sur des photos. Quitte quand on parle d'IA, qui vois-tu sur les photos en Europe ? Les commissaires européens. Parce qu'on parle de régularisation. Et ça, c'est un danger. Je pense que c'est important de régulariser, mais pas au détriment de l'innovation. Et parfois, je pense que, de nouveau on est 27 pays, on se perd un peu dans cette régularisation. Je connais des VCs américains et même des grandes entreprises américaines qui nous disent, parfois on est content que vous faites cela à l'Europe, parce que sinon personne ne le ferait. Et ça aussi c'est important. Il faut que quelqu'un le fait. Parce que si personne ne le fait, ça part dans tous les sens. Et ça va bien non plus. Par contre, si nous on le fait et tous les autres pays en profite, mais quand même ils sont plus forts dans l'innovation et après c'est eux qui prennent les succès et l'argent derrière, ce n’est pas cool non plus. Ce n’est pas bien non plus pour notre continent. Après, je pense qu'on a le talent dans l'IA, je pense que même l'Europe a le plus de potentiel. Ech pense que vraiment dans la recherche, en IA, les Américains, les chiens, ils viennent en Europe pour venir les chercher, avec les instituts qu'on a, les universités qu'on a, et les personnes vraiment hautement qualifiées. Mais que ces personnes, qui viennent aussi les entrepreneurs, comme aux Etats-Unis, ça, on n'a pas à ça, de monde arrive de dire, parce qu'ils se, ils se, ils se réun, parce qu'on est ici dans l'université, mais parfois ils se cachent trop dans leur laboratoire, ils veulent pas devenir commercial ou lancer un business, mais après, et après les Américains viennent, toi t'es un super talent, je te donne un salaire d'un demi-million, viens bosser chez moi, tu viens aux Etats-Unis. Et eux se disent, mais bien sûr, j'ai fait ça. L'Europe essaye de faire ça, de garder ses talents de plus en plus ici, d'investir, mettre plus d'argent et avoir plus de nations au Luxembourg, aussi dans l'IA. Mais on doit vraiment faire attention. On est un continent très fragmenté, qui n'a pas la même opinion. La France et l'Allemagne n'ont certainement pas le même avis que la Bulgarie et l'Espagne. Et ça, c'est un danger. C'est une menace pour notre continent. On est un continent riche, avec beaucoup de talents, mais en risque d'tre outpaced dans 5, 10, 15 années. Et une fois perdu de fil, ou beaucoup de personnes disent déjà, on l'a perdu, c'est difficile d'en revenir. Alors, je ne pense pas que l'Europe va maintenant, comme les Etats-Unis, développer le même Niveau et la même quantité de LLMs qu'on voit déjà aux Etats-Unis. Maintenant, il faut trouver nos Niche avec notre savoir-faire et aussi notre sens d'éthique. Ech pense que aussi que les autres continents n'ont pas le sens d'éthique qu'on nous on l'a avec nos valeurs. Trouver dans la cybersécurité, la santé et tout cela, nos systèmes et nos solutions et de le faire des world class players.

Christophe Ley (Hôte)

Justement,

Echecs et IA: ce que Kasparov nous apprend encore

Christophe Ley (Hôte)

là tu as mentionné un mot world class players. Ça me ramène à ton autre passion qui sont les échecs. Tu as aussi parlé de la recherche en intelligence artificielle et les échecs ont joué un rôle important dans le développement des intelligences artificielles. On se souviendra peut-être encore du fait qu'on dans les années 90, il y avait la première fois qu'un ordinateur d'échec a battu Gary Kasparov, le grand maître des échecs de l'époque. Bon, donc évidemment, ben là, je dois te poser une question aussi là-dessus. Est-ce que tu joues beaucoup pour t'entrainer contre des IA? Est-ce que tu utilises des IA pour te préparer à des matchs ? Comment est-ce que ça a changé pour toi le fait qu'il y a des IA si imbattables pour jouer aux échecs ?

Philippe Linster (Invité)

Alors déjà pour les gens qui nous écoutent et peut-être qui jouent un peu moins à ce échec, comment nous deux on le fait ? Déjà aujourd'hui, il y a deux genres d'ordinateurs dans les échecs. Il y a les CPU, c'est -à-dire la toute simple force brute de calcul. Et il y a le GPU, c'est -à-dire l'IA, qui en fait qui ont commencé de zéro, qui se sent entrainés entre eux-mêmes. Et aujourd'hui, ils sont plus forts que les... Mais déjà, les deux bâtés, peuvent aujourd'hui battre l'humain. Très facilement. Aucun humain a encore aujourd'hui une chance contre n'importe quel ordinateur classique. Sou ça aussi dans la triche, dans les échecs, c'est très dangereux, parce que chacun qui a un portable, tu vas aux toilettes, tu regardes un peu, il te dit toujours un bon coup. Mais c'est un autre problème. Par contre, moi aussi maintenant, j'en utilise. Mais ce que j'ai beaucoup lu et vu dans des entretiens, vraiment des joueurs à très, très haut niveau, en fait surtout du but de l'émergence de l'IA, il y avait DeepMind, un des grands employés de Google, Deniz…Oui Deniz, qui a aussi reçu un prix Nobel, qui, qui, lui, avec DeepMind, a lancé un des premiers ordinateurs IA dans les échecs, qui a aussi battu après le premier, le plus fort ordinateur à l'époque. Et c'était une révolution. Bon, c'était un choc pour le monde, le monde des échecs. Qu'est -ce que va se passer ? Et à un moment donné, les gens, ils avaient des, alors il faut, il faut s'imaginer, quand tu analyse aux échecs, tu es devant un ordinateur, tu es dans un échec qui sur l'ordinateur et tu laisses courir un ordinateur à côté, voire plusieurs, ça dépend un peu de la force de ton ordinateur, qu'est -ce que comme hardware. Mais là c'est courir, par exemple, le plus fort ordinateur en CPU et le plus fort ordinateur en GPU courir en même temps. Ben, si les deux disaient les mêmes meilleurs coups, ben, tu savais, c'est la bonne direction. Mais tu avais à un moment donné, l'ordinateur IA disait quelque chose complètement différent que l'autre. Et là, tu, le joueur, le truc fort, va se poser des questions. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Et c'est là où il pouvait en fait revoir, réinventer certaines ouvertures. Parce que quand même même l'IA aux échecs a changé des ouvertures, parce qu’il pouvait voir beaucoup plus loin. Et c'est bizarre ce que je vais dire. Mais le jeu des ordinateurs IA était beaucoup plus humain que le jeu juste d'Calcul brut, d'Force de calcul. Parce que c'était, là où tu dis, c'est un coup d'ordinateur. Mais, et à un moment donné, quand ils organisé, les gens, vraiment, les nerds dans les échecs, qui organisé des matchs entre des ordinateurs classiques, mais vraiment les plus forts du monde, et les ordinateurs IA, Tu pensais vraiment que l'ordinateur IA, il jouait comme un humain, avec des sacrifices, avec des pensées de la spéculation, et après à un moment donné, l'ordinateur, l'autre ordinateur, craquait sous la pression, mais il n'y a pas de pression, c'est pas comme du humain, il n'y a pas de pression de temps, mais il craquait et à un moment donné, et on a toujours pas la réponse aujourd'hui, au moins moi, comme maintenant scientifique, j'ai pas de réponse, mais c'est un autre style de jeu, mais il bat l'ordinateur, il le bat un peu comme un humain, bien sûr. Et c'est toujours décent, faute, mais il fait des concepts spéculatifs, avec des sacrifices à tellement long terme que l'autre qui calcule 20, 30 coups en avant, mais à un moment donné, sa capacité quand même s'arrête avec le calcul, il peut plus suivre et l'autre, et tu te poses la question, est-ce qu'il y a voit tellement de liens, ou est-ce que pour lui c'est une question de probabilité, c'est quand même la meilleure chance pour moi de botter sur l'ordinateur, et c'est très fascinant, et pour les joueurs de haut niveau, ça ouvre depuis quelques années un nouveau monde pour explorer des ouvertures déjà connues, mais de trouver des nouveaux concepts pour surprendre tes adversaires.

Christophe Ley (Hôte)

C'est très passionnant, cette digression vers les échecs justement, et on sent aussi ta passion pour les échecs.

Philippe Linster (Invité)

Je suis régulièrement et c'est fascinant comment si tu y vois, c'est des articles où tu dis c'était connu comme ça, quelqu'un a fait l'effort, et c'est en fait l'humain, c'est de se faire l'effort. De nager dans toute cette masse d'ouverture, alors pour ceux, on a 32 pièces aux échecs, ils sont en train de résoudre, ils essayent de résoudre les échecs, et il y a des bases données, le max aujourd'hui, avec un résultat sûr, un sans-pensé sûr, c'est 6 pièces. Mais 6 pièces, il y a déjà 2 rois, et après tu peux encore ajouter 4 pièces, n'importe qui, et puis on est autour. Mais de passer à 6 à 7 pièces, bah c'est un chiffre exponentiel de possibilités, qui va encore prendre de nouveau des années à années à résoudre. Voilà, juste que ça sera arrivé, peut-être avec le Quantum ça va changer, mais juste qu'on sera arrivé à voir que les échecs seront résolus, ça prendrait encore un peu de temps.

Christophe Ley (Hôte)

En parlant du temps justement, on arrive doucement vers la fin de notre émission. Donc voilà, faisons un peu une projection sur les années à venir, si on regarde ce qui va se passer dans les dix prochaines années. Alors, j'ai deux questions pour toi. D'un côté, comment est-ce que tu vois les startups dans dix ans ? Et de l'autre côté, qu'est-ce qui t'enthousiasme et t'inquiète le plus au niveau de l'IA?

Philippe Linster (Invité)

Au Luxembourg ou en général à l’international ?

Christophe Ley (Hôte)

La première question pour Luxembourg, les startups, le reste pour l'international.

Philippe Linster (Invité)

Alors déjà, pour notre écosystème, je suis très confiant. Pourquoi ? Je dis déjà aujourd'hui, on est, on est quoi, on est le 20, le 29 avril.

Christophe Ley (Hôte)

On est le 30 avril.

Philippe Linster (Invité)

Enfin, c'est le 1er mai. Déjà en 4 mois, 2026, nos startups luxembourgeoises ont déjà levé plus que 100 millions d'Euro. On n’a jamais eu ça. Et on était content si on avait des années avec 100 millions de levées de fonds. On est avril maintenant, on l'a déjà fait. Bien sûr, on a Hydro7, qui a une IA dans la Lise d'Images-strativités. Qui a levée 60 millions récemment. On a Circuline, maintenant R3 Robotics, qui font du upcycling de batterie. Tout ce qui est aussi Energie. On a Helical, qui est une entreprise de développement de médicaments avec une IA dans, c'est cette entreprise, je disais, qui a le CEO de Hugging Face dedans. C'c 'est-à -dire aussi, tu vois, c'est le projet d'IA aussi qui lève les fonds, qui ont levé 10 millions aussi récemment, etc. C'est -à-dire aujourd'hui, je ne peux maintenant pas les citer ici dans ce micro, mais on a connaissance de plusieurs startups dans notre bâtiment qui sont en train de lever des fonds. Aussi entre 10 à 15 millions. C'est-à-dire il y a encore beaucoup de levées qui vont s'ajouter au fur et à mesure dans cette année. C'sont trèsconfiants pour notre écosystème. On a de plus en plus une belle masse de belles startups avec une vraie et réelle innovation, deep tech, science-based derrière, qui ont leur talent, leur headquarter ici, qui développent leurs solutions du Luxembourg vers l'internationale. C'est pour ça, ça me donne, moi, personnellement, aussi beaucoup de motivation et d'inspiration à continuer avec le même élan de développer cet écosystème. C'est -à-dire développer, c'est, comme tu as mentionné au début, c'est de connecter l'écosystème, de rapprocher le monde de la recherche du monde privé des entreprises, d'avoir plus de spin-off des universités, SNT, LIST, etc. D'avoir plus de l'argent, parce qu'il faut de l'argent. Argent dans les Business Angels, mais aussi argent dans les Vici au Luxembourg. Oui, et aussi le support du cadre légal. Maintenant on a une nouvelle loi depuis le 1er janvier 26 si un business angel, un investisseur privé investit dans une En start-up luxembourgeoise, il peut le déduire, avec un certain plafond, bien évidemment, de sa déclaration fiscale. C'est aussi un incentive pour investir davantage. Et on travaille beaucoup avec le gouvernement sur le système de stock-options, qu'en fait une start-up, qui au début, au début de son aventure, n'a pas les mêmes moyens salariales qu'une grande entreprise ou l'État, peut au moins donner des actions. Mais aussi que fiscalement, tu ne vas pas punir le salarié. On travaille aussi avec le vrai, d'avoir un vrai et beau cadre fiscal et légal pour les startups. Internationalement, je pense que l'IA est venue pour rester. On est beaucoup encore dans le hype qui à mon avis, à mon avis, va se consolider. Tu as dit dix années, je pense que dans l'IA, beaucoup va se passer dans dix années. Je pense que beaucoup va se passer dans trois années. Tu ne peux pas regarder sur dix ans, ça c'est fini. C'est projections dans dix ans. Il y a beaucoup de menaces. Aussi, j'ai un peu parfois peur., toutes les guerres aussi que tu vois, les guerres économiques, mais aussi les vraies guerres. Parce que, ce sont moins les chars qui sont utilisés dans la guerre, mais c'est la Cybersecurity qui, en fait des Cyberattacks, ce sont les drones. Ou l'IA aussi, et trouve son rôle. Aussi dans la défense, mais aussi dans l'attaque, malheureusement. Tu as maintenant ce fameux muto, c'est l'outil muto qui trouve les failles dans le système. Sur les banques ont un peu peur partout dans le monde, car les cyberattaques deviennent de plus en plus dures et compliquées à défendre. Et ceci, grâce à l'IA. J'espère que les bonnes personnes sont bons endroitspolitiquement, mais aussi de manière qui a l'argent et investissement et développement des entreprises. Mais bon, je n’ai pas de, comme tu dis en français, une bulle pour prédire l'avenir.

Christophe Ley (Hôte)

C'est

Se lancer dans l'IA

Christophe Ley (Hôte)

une bonne phrase. Alors, écoute, j'aimerais te remercier pour ce vraiment très chouette échange qu'on a eu, que j'ai trouvé à la fois stimulant et inspirant. Et avant de te libérer, il reste une dernière question, qui est un peu la question signature de notre podcast « Schwätz du IA », qui, je vous le rappelle, signifie « Parles-tu IA » en luxembourgeois ? Bon, la question c'est Si tu avais une recommandation à donner à celles et ceux qui nous écoutent et qui aimeraient apprendre à mieux parler IA, c'est -à-dire un conseil, un livre ou une source, qu'est-ce que tu leur dirais ? L'IA est là et j'espère que l'humanité va bien l'utiliser à l'avenir.

Philippe Linster (Invité)

Je prends mon expérience personnelle. Il faut le tester et utiliser. Et après, j'ai essayé un peu de comprendre derrière, sans devenir scientifique, mais en lisant des articles et regardant des vidéos, mieux comprendre les promptes aussi, pour mieux les diriger dans les bonnes directions. Pourquoi ça marche ? Ça ne marche pas. Ech pense que pour un non scientifique comme moi, ça m'a beaucoup aidé. Ech si quelqu'un ass sur des curieux, alors, mais learning by you, je pense les échecs ou tout le reste, learning by you, c'est ce que marche si tu aides le plus rapidement. Et après, j'ai le grand avantage, bien sûr, d'être dans un environnement très stimulant, avec des personnes très, très intelligentes. Et j'ai appris une chose, il ne faut jamais hésiter à poser une question et on te répondra. C'est plus bête de faire semblant, de comprendre, mais en fin, tu n’as rien compris. C'est à dire, soit je pose la question, et si ce n’est pas le moment, je me note la question et c'est moi après le soir à la maison, un jour, je vais quand même rechercher la question pour me dominer la réponse. Comme ça, je continue aussi à me former moi-même.

Christophe Ley (Hôte)

Écoute, je suis tout à fait d'accord. Et faut jamais hésiter à poser des questions. C'est pour ça qu'on t’a eu ici, pour te poser beaucoup de questions, encore un grand merci. Villmools merci.

Philippe Linster (Invité)

Villmools merci, Christophe.